Galère
Oussama Tabti
Pendant plusieurs années, Oussama Tabti a étudié les conditions de travail des coursier·ères de repas omniprésent·es à Bruxelles. Derrière les plateformes de livraison soi-disant "orientées client" comme Deliveroo ou Uber Eats se cache un système libertaire qui, sous couvert de défense de la liberté, fait reposer tous les risques sur les livreur·ses indépendant·es. Celles·eux-ci doivent non seulement acheter elles·eux-mêmes leurs vêtements labellisés et sacs à dos et se procurer le vélo, mais aussi assumer les conséquences des pannes et incidents. Il·elles travaillent en outre souvent sans papiers ou sans la moindre protection.
Pour son œuvre intitulée Galère , Oussama Tabti part de deux objets emblématiques des coursier·ères: le vélo et le sac à dos. Des vélos au cadre rouillé et des sacs Uber Eats rafistolés avec du ruban adhésif témoignent de la dure réalité derrière les applis clinquantes. Les sacs à dos usagés ont été collectés par Tabti par troc avec des coursier·ères travaillant sur Bruxelles. Ces rencontres ont à leur tour donné lieu à des conversations sur la nature de leur travail et leur relation à la ville.
Le titre dérive du mot Galéa, un bateau à rames et à voile utilisé de l'Antiquité jusqu'au Moyen Âge, poussé par la force physique des "galériens", souvent des esclaves ou des prisonniers.
Photos: © Galère, Oussama Tabti Oussama Tabti